En 2018, pouvons-nous encore rater notre formation ?

Après les 3 échecs des réformes de la formation (2004, 2009, 2014), il est indispensable de s’interroger sur la pertinence de la méthode, des outils, des indicateurs et des acteurs qui œuvrent à la formation de notre pays.

Les réformes du passé doivent nous renseigner sur ce qu’il ne faut pas faire

–  Prétendre en 2004 relancer l’ascenseur social et réformer avec des partenaires sociaux insincères qui ont trop à perdre pour remettre en cause le système de formation et d’éducation.

– Promettre en 2009 une flexisécurité pour tous sans remettre à plat l’ensemble de notre système social et professionnel (dont le code du travail évidemment).

– Lancer en 2014 des machineries complexes et inutiles en forme de compteurs formation tout en prétendant restaurer une diplomation à bout de souffle et l’occupation des chômeurs dans des stages parking.

Transformer la formation sans changer de modèles éducatifs et sociaux est impossible

La formation des adultes fait système avec l’éducation des jeunes, l’apprentissage au travail (alternance dévalorisée tout comme le travail manuel depuis des dizaines d’années), la culture et la formation tout au long de la vie (un voeu pieux dans notre société insuffisamment apprenante et éduquée).

Deux choix opposés et simplistes sont possibles pour une prochaine réforme en 2018

– Réformer a minima sans bousculer ni irriter les baronnies syndicales, patronales et publiques ni même dégager les fonds nécessaires pour former les millions de Français insuffisamment équipés pour la société de la connaissance.

– Bouleverser la formation sans prendre en compte la fragilité du système au risque de le bloquer pour de très longues années (sans aucune garantie de trouver la recette définitive pour entrer dans l’économie de la connaissance).

Une troisième voie est envisageable, elle réclame audace, détermination et intelligence sociale

– Cesser d’emprunter pour notre dette sociale (soi-disant réparatrice : chômage, vieillesse et maladie), mais reporter nos investissements sur l’immatériel : la recherche, la culture, l’éducation et évidemment la formation : une éducation publique restaurée et de qualité et une formation professionnelle généralisée et enfin libérée.

– Consacrer chaque année l’équivalent de 10 % de la masse salariale à la formation des travailleurs avec le financement de l’État et des régions (pour les jeunes et les chômeurs) et des entreprises via une cotisation unique et fixe payée par tous les employeurs et tous les salariés (l’éducation des adultes n’a aucune capacité d’être gratuite et offerte à tous).

– Responsabiliser les salariés sur le développement de leurs compétences en transférant les heures de RTT vers la formation (sans une obligation de formation sur le temps libre, celle-ci ne pourra jamais se généraliser en France).

Il est possible de généraliser la formation en France, de permettre à nos concitoyens de jouer leur partition dans la société de la connaissance et de l’information tout en retrouvant notre compétitivité, cela impliquera de sortir des faux semblants sociaux et des comédies éducatives à la française.

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Source :Didier Cozin – lesechos.fr

 
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