L’intelligence artificielle (IA) accomplit des progrès fulgurants. Elle change en profondeur le monde de la justice, avec l’émergence d’une « justice prédictive » (Le Monde du 6 août 2019). Les robots chirurgicaux font des prodiges, qui pourraient conduire à des ruptures majeures dans les techniques médicales. L’IA serait-elle sur le point de surpasser l’intelligence humaine ou biologique (IB) ?

C’est la thèse que défendait, dès 2017, le Dr Laurent Alexandre dans son ouvrage La guerre des intelligences, à qui son succès vient de valoir une nouvelle édition en livre de poche. Sa lecture nous offre l’opportunité de réfléchir, à travers la question de l’intelligence, à la spécificité et à l’avenir de l’humanité. Celle-ci est-elle à un tournant décisif, qui pourrait la voir disparaître ?

Duel à « Intelligence Corral » : un face à face mortifère ?

Pour Laurent Alexandre, la « révolution NBIC » (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) se traduit par l’émergence d’une IA qui, ouvrant « des perspectives extraordinaires », se trouve d’ores et déjà en position de surpasser l’IB, voire de la réduire en esclavage. La machine pourrait triompher de l’humain.

Mais pourquoi imaginer, et craindre, un conflit, qui plus est meurtrier ? IA et IB sont-elles concurrentes, et ont-elles des intérêts contraires ? L’IA ne pourrait avoir la velléité d’entrer en guerre contre l’IB que si deux conditions sont remplies : qu’elle se révèle plus performante que l’IB ; et qu’elle ait conscience de sa supériorité. Autrement dit : qu’elle soit dotée d’un pouvoir de décision, qui serait la marque d’une réelle autonomie, et d’une véritable conscience.

La première condition paraît remplie. « Le tsunami de l’IA » va déjà « trop vite et trop haut », estime Laurent Alexandre. « Le neurone perd chaque jour plus de points devant le transistor. » Dans la course à la productivité et à l’efficacité, « la rapidité et l’infaillibilité d’exécution des machines intelligentes » sont de nature à rendre « absolument non compétitif le travail humain ». Le combat est ici inégal. L’IA « galope », tandis que l’IB piétine, dans l’attente d’une […]

Source : Charles Hadji  – theconversation.com

Lire l’article

Cet article vous a plu, partagez le sur les réseaux :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.