Que n’a-t-il pas déjà été dit sur l’intelligence artificielle (IA) ? La fascination – ou l’agacement – que suscite l’IA est à la hauteur du buzz médiatique qui a porté le sujet ces dernières années.

A coup de punchlines de certaines personnalités désormais bien connues (« sans politique volontariste en matière d’IA, la France pourrait devenir le Zimbabwe de 2080 »), le sujet est sorti des seules sphères technophiles pour se loger au cœur des discours de nombreux dirigeants d’entreprises, personnalités politiques, philosophes, etc.

Ces phrases chocs ont eu du bon. Elles ont réveillé des décideurs pour certains apathiques face à la montée de la technologie, inconscients de la domination américaine et chinoise et des enjeux sous-jacents de souveraineté. Elles ont servi de déclic pour accélérer la prise de conscience.

Reste pourtant, malgré ce tintamarre (qui n’a rien eu d’artificiel, lui), comme un goût d’inachevé. Le sentiment que l’accumulation de prophéties catastrophistes (« les dirigeants européens sont les Gamelin de l’IA ») a parfois empêché de faire entendre un discours plus nuancé, plus distancié. Que le sensationnalisme l’a trop souvent emporté au détriment d’une réalité scientifique plus prosaïque, forcément moins spectaculaire.

De là le besoin de revenir sur terre. C’est l’objet de cet article. Il ne prétend en rien à renouveler le genre, simplement à servir de préambule nécessaire au dossier sur les futurs d’Internet. L’idée est claire : on ne peut réfléchir sérieusement au futur du numérique sans déconstruire certains mythes entourant aujourd’hui l’IA. Commençons donc par là.

Mythe n°1 : croire qu’il existe UNE intelligence artificielle

L’IA englobe parfois des réalités très différentes. Selon les points de vue et ce que l’on y inclue, elle peut renvoyer aussi bien à des logiques d’automatisation (faire effectuer, par un logiciel, des tâches répétitives et souvent fastidieuses – de là l’essor des « chatbots » par exemple) ou de statistiques. Les statistiques ouvrent la voie au « machine learning » (apprentissage automatique), un sous-domaine de […]

Source : Clément Jeanneau – signauxfaibles.co

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