Peut-on éteindre Internet ?

Peut-on éteindre Internet ? « Oui, en activant son mode avion » pour quelques heures de déconnexion n’est pas une réponse valide. Pour arrêter réellement Internet, il faudrait couper les 428 câbles sous-marins qui, posés au fond des océans, acheminent messages, mails et vidéos d’un bout à l’autre de la planète (ainsi que cet article, de nous jusqu’à vous). Ces câbles, tout le monde les oublie. Or, « Internet n’est pas un esprit, il a besoin d’un corps », et ce corps est loin d’être inattaquable : c’est ce que rappelle un captivant roman suisse paru fin août. Une toile large comme le monde, écrit par Aude Seigne, croise les existences de plusieurs personnages résolus à provoquer « La Panne », un grand ralentissement dans la course effrénée au toujours plus – et mieux – connecté.

Pénélope est programmeuse. Sans Internet, son boulot, et une bonne partie de sa vie, disparaissent. C’est pourtant elle qui va plonger la première, un jour où le hasard de ses pérégrinations en ligne l’amène sur un site énigmatique à l’ambition clairement affichée : éteindre Internet. Les causes susceptibles de provoquer une panne y sont récapitulées : « Coupure de câble. Catastrophe naturelle. Décision politique. Piratage informatique. Incendie/explosion/attentat dans un data center. Pandémie. Tempête solaire. » Le site rappelle aussi les pannes les plus emblématiques : en 2007, le vol de 11 km de câbles en Asie provoque des ralentissements en Chine, en Thaïlande et au Vietnam ; en 2011, le gouvernement de Moubarak ordonne en Egypte cinq jours de coupure (c’est la première coupure autoritaire d’une telle ampleur) ; en 2016, une cyberattaque prive des millions d’Américains d’accès aux plus grands sites pendant une dizaine d’heures…

Au départ, Birgit n’a pas l’intention, elle, de presser le bouton off. Représentante danoise d’une ONG qui essaie de sensibiliser au coût environnemental de notre hyperconnexion, elle parcourt le monde pour tenter de briser « l’énorme malentendu » d’Internet, immatériel dans l’esprit des gens alors qu’il est incroyablement énergivore.

Le roman nous emmène en parallèle à Portland, auprès de June et de ses deux colocs et compagnons – si les « trouples » ne sont pas à Portland, où sont-ils ? -, dont l’un va découvrir le vol d’identité et les entrailles d’un data center, le jour où son entreprise se fait hacker. Autre escale : Singapour, en compagnie de Lu Pan, un ado qui échappe à son destin de fils d’ouvrier en intégrant une équipe d’e-sport. Sauf qu’aux yeux de son père, Internet est coupable de l’éloignement de son fils.

Le grand renoncement

Pour éteindre Internet, donc, une tempête solaire ferait l’affaire, tout comme les solutions citées plus haut. Mais cela laisse une question ouverte : pourquoi ? Malgré le mouvement grandissant de la déconnexion, la réflexion sur le design de nos comportements addictifs, ou l’inquiétude sur notre capacité d’attention désormais inférieure à celle du poisson rouge […]

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Source : Annabelle Laurent – usbeketrica.com

 
Insafe BEN BELGHIT
Co-Fondatrice et Directrice de Mission de Fexter2
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