Pourquoi faut-il en finir avec les baby-foot et les séminaires tropicaux

Mettre en place un réel feedback managérial est un moteur de développement bien plus puissant que l’octroi d’avantages festifs ou ludiques. Tant pour l’entreprise que pour les collaborateurs.

Il est 9h15 lorsque Paul et Nadja rejoignent un bel espace agrémenté de cubes multicolores. Un ordinateur les attend, doté d’une manette de jeu. Derrière eux, un toboggan jaune où ils peuvent glisser de temps en temps pour se divertir. Des quadragénaires les regardent avec attention à travers de larges baies vitrées. A la pause de midi, ils pourront jouer en réseau à Mario Kart avant de reprendre leur travail. Il ne s’agit toutefois ni d’une crèche ni d’un centre de loisirs. Paul et Nadja, jeunes ingénieurs, ont rejoint une data agency en croissance du 8e arrondissement de Paris il y a cinq ans. Ils conçoivent des algorithmes pour permettre à leurs clients d’utiliser les données accumulées dans les DMP (Data Management Plateform). Ils travaillent à leur bureau ou s’installent dans des futons (les cubes multicolores) prévus à cet effet. Leur déjeuner est servi par un food truck maison. Les quadragénaires qui les observent sont leurs dirigeants.

Très inspirés par ces pratiques venues de la Silicon Valley, la tentation est grande, pour les dirigeants, de se doter d’un chief happiness officer ou d’un directeur de la bienveillance en guise de DRH, et de remplacer les bonnes pratiques managériales par l’octroi d’avantages festifs. Le concept de « chief happiness officer » ou de « responsable du bonheur » a été inventé par Chade-Meng Tan, 107e salarié embauché par Google, au tournant des années 2000, en vue de favoriser le développement et le bien-être des individus. Mais en quelques années, une intention louable s’est transformée en injonction au bonheur, menaçant surtout d’infantiliser les salariés.

D’abord réservés aux plus jeunes, puis prodigués à l’ensemble des salariés et des dirigeants eux-mêmes, baby-foot, bonbons et autres séminaires sous les cocotiers permettraient de remédier […]

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Source : Patrice de Fournas – hbrfrance.fr

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