Du poids dans le recrutement !

Récit d’une expérience vécue

Il y a plus de 10 ans, d’une moralité rondouillarde, je suis passé à la bonhomie du bonhomme d’une célèbre marque de pneus… et la ma vie professionnelle a changée.

Le début pour moi du parcours du combattant pour retrouver un poste fixe, une vraie remise en question.

Mon histoire est simple, du 42, je suis passé au 60 en taille de pantalon et en très peu de temps. Mais pour moi rien n’avait changé, sauf ma garde-robe.  Par contre sur le plan professionnel, c’est une autre histoire.

Je vous raconte rapidement. De retour en France après deux ans d’une expérience à l’étranger sous le soleil de Maurice, je me lance dans la recherche d’un nouveau challenge en France.

Sur mes 3 premiers mois de recherche, j’ai eu entre 3 et 5 entretiens par semaine, mais rien… pas de contrat à l’horizon, je m’interroge ?

Ce n’est pas mon CV qui cloche, pas mon parcours, pas mes diplômes ou mes expériences, pas le pré-entretien téléphonique… je cherche, je ne trouve pas et je ne comprends pas surtout et puis, j’analyse mes dix derniers entretiens.

Bingo !  J’ai trouvé ce qui ne va pas.

Après une remise en question, avoir réfléchi plusieurs jours, je me remémore les déroulés des derniers entretiens. Je prends soudainement conscience d’un élément récurrent,  je suis victime d’une discrimination à l’embauche  à cause de mon poids… vous savez les petites phrases ou les attitudes lors des entretiens.

  • On vous regarde de la tête aux pieds avec un rictus qui en dit long. Ben pourtant j’ai un costume de marque, une belle cravate… Quand même !
  • Ah !!!!! C’est vous ! En vous voyant pour la première fois sur un ton de déception. Ben oui, vous attendiez Brad Pitt?
  • Lors de l’entretien : vous auriez dû mettre une photo (avec un ton fataliste). Pourtant je ne suis pas un monstre non plus, enfin je pense.
  • Dans votre état, vous devriez faire du sport. Ah vous êtes médecin aussi ?
  • Ça n’a pas été trop difficile pour vous de venir ? Ben non, je confirme. J’ai pris le métro et le bus  et, en 20 minutes, j’étais là.
  • Prenez le fauteuil se sera mieux vu votre état ! Ben, je ne suis pas impotent quand même !
  • Et j’en passe ! J’en passe des réflexions ou des allusions sur mes kilos superflus et aucune n’était de la bienveillance vis à vis de mon poids.

Ma question est : le recrutement est basé sur mon poids ou mes compétences ?

La réponse après plus d’une trentaine d’entretiens : mon poids a fait basculer la balance face à mes compétences.

Toutes ces phrases vous choquent ? Alors imaginez-vous,  si vous vous étiez retrouvé à ma place à ce moment-là. Quoi faire ou quoi dire de ces réflexions ou attitudes ?

Rassurez-vous, je n’ai pas baissé les bras comme ça, même si j’ai eu une grosse déception sur le monde du recrutement et les valeurs humaines soit disant défendues par certains cabinets, DRH ou entreprises. Mais tout ça a surtout entaché pour moi l’image de toutes ces entreprises et cabinets de recrutement.

Une chance pour eux qu’à l’époque je n’avais pas la même connaissance et la même présence sur les réseaux sociaux, car je pense que leurs valeurs et leurs marques « HR-Employeur » auraient surement été écornées sur la toile en quelques minutes. N’oublions jamais, qu’un recrutement c’est du 50/50.

La discrimination évoquée lors de ma cherche d’emploi est réelle et basée hélas sur des critères qui ne sont pas justifiés. Ces attitudes et réflexions montrent un réel manque d’objectivité à l’égard des postes à pourvoir.

Actuellement les demandeurs d’emploi sont toujours victimes de discriminations, ils sont convaincus que leur apparence physique et/ou un style vestimentaire  constituent encore un frein pour être embauché.

Les recruteurs perdent ainsi de belles candidatures de qualités.

Pour moi la vie a changée, 74 kilos de moins et un nouveau départ. Je ne l’ai pas fait pour être recruté, ou pour les apparences ou défiler à la Fashion Week, mais juste car mon capital santé était en danger et vivre un nouveau départ.

Juste un petit rappel de la loi sur la discrimination.

Dans toute entreprise employant au moins 300 salariés et dans toute entreprise spécialisée dans le recrutement, les employés chargés des missions de recrutement reçoivent une formation à la non-discrimination à l’embauche au moins une fois tous les cinq ans. Cette formation est à la charge des employeurs et peuvent être intégrées au plan de formations.

La loi oblige désormais que tous les acteurs soient formés à la non-discrimination à l’embauche depuis le 29 janvier 2017.

Quels sont les motifs de discriminations interdits ?

Opérer une distinction entre les salariés (ou entre les personnes candidates à un recrutement ou à l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise) sur des motifs autres que les nécessités de l’emploi ou les qualités professionnelles du salarié constitue une discrimination prohibée par la loi.

Sont visées les discriminations fondées sur l’un des motifs mentionnés à l’article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 précitée :

  • l’origine,
  • le sexe,
  • les mœurs,
  • l’orientation sexuelle,
  • l’identité de genre,
  • l’âge,
  • la situation de famille ou la grossesse,
  • les caractéristiques génétiques,
  • l’appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée,
  • les opinions politiques,
  • les activités syndicales ou mutualistes,
  • les convictions religieuses,
  • l’apparence physique,
  • le patronyme,
  • le lieu de résidence
  • l’état de santé ou le handicap
  • la particulière vulnérabilité résultant de la situation économique de l’intéressé, apparente ou connue de l’auteur de la décision,
  • la perte d’autonomie,
  • la capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français.

En 2017, une entreprise qui mène une politique de diversité  et de non-discrimination prouve qu’elle est bien en phase avec son époque.  Sa marque RH-Employeur en est valorisée sur les réseaux sociaux.

Le management de la diversité interne devient une force et une richesse, mais surtout un levier de motivation. Ce large panel humain offre des points de vue, des expériences variés qui deviennent  un vecteur stimulant pour une émulation réelle des équipes et des échanges.

Alors, pour ne pas demain faire le « Bad Buzz » sur les médias sociaux, renforcez  les connaissances des équipes RH grâce à une formation à la non-discrimination à l’embauche.

Avec une marque RH-Employeur forte, vous devenez une entreprise en 2017 où « The place to Be ».

Bon recrutement à tous… 

 
Jean-Christophe DROUARD
Co-Fondateur et Directeur de Mission de Fexter2
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